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Rien ne marque le début de l’année comme la saison des REER et la pléthore d’annonces de fonds mutuels qui claironnent leur rendement au moyen d’images qui suggèrent le vent dans les voiles à bord de votre yacht de luxe comme jeune retraité.

Ne vous méprenez pas, la possibilité d’un excellent rendement sur les placements et de devenir capitaine de votre propre yacht dispendieux est extraordinaire, mais nombre de ces annonces passent sous silence l’importance des frais associés aux placements dans les fonds mutuels. À mon avis, cela suggère que ces compagnies qui passent sous silence la compétitivité de leurs frais ont quelque chose à cacher.

Vous avez sans doute entendu parler d’une étude par l’Université Harvard qui concluait que les Canadiens paient constamment les frais les plus élevés pour leurs fonds mutuels que tout autre pays industrialisé. Nous payons typiquement 60 % de plus que les É.-U. et 200 % de plus qu’en Europe. Une autre étude (commandée par un important gestionnaire de fonds mutuels) a conclu que l’étude d’Harvard manquait de fondement et que les Canadiens paient des frais qui se rapprochent de ceux de nos voisins du sud. Peu importe ce que vous croyez, il est tout de même très important de comprendre les frais que vous payez et leur incidence sur vos rendements globaux.

À moins de comprendre le langage utilisé par l’industrie des fonds mutuels et leurs méthodes de calcul des frais, il est difficile d’y voir clair. Il suffit de songer aux « frais de gestion » et aux « ratios de frais de gestion ». Ce sont des termes que plusieurs croient interchangeables, mais ils ne le sont pas du tout. Les frais de gestion représentent un montant pris sur chaque dollar investi pour payer le gestionnaire de fonds qui choisit les instruments de placement du fonds mutuel. C’est pourtant une seule composante des frais globaux que vous payez. Les frais qui devraient vous intéresser sont le ratio des frais de gestion ou RFG.

Le RFG inclut les frais d’administration plus les autres coûts comme les frais administratifs, les frais juridiques, les frais de vérification, les frais de marketing et la TPS. Le RFG peut aussi inclure les commissions de vente, les frais prélevés à l’acquisition et les frais annuels, qui sont versés au conseiller financier qui vous vend les fonds.

Si l’étude de Harvard dont j’ai parlé plus tôt est réellement précise (et je le crois), le RFG moyen d’un fonds au Canada était de 2,56 % comparé à 1,11 % aux É.-U. Par conséquent, si le fonds mutuel produit un rendement annuel de 5,44 %, cela signifie qu’il a de fait obtenu un rendement de 8 %, avant la déduction des frais de 2,56 %.

La réduction de vos frais peut avoir une incidence importante au fil du temps. Vous ne me croyez pas? Songez à l’exemple suivant :

Imaginez que vous ouvrez deux fonds de placement REER avec un dépôt de 50 000 $ dans chacun d’eux. La seule différence entre eux : un fonds comprend des frais de placements de 2 % et l’autre, de 1 %. Si les deux fonds produisent un rendement annualisé de 8 %, le fonds ayant des frais de 1 % augmentera de près de 100 000 $ de plus sur 30 ans que le fonds plus dispendieux, mais tout aussi performant. Ça, c’est le coût de ce yacht des annonces, mais il appartient aux gens qui vous ont vendu le placement le plus dispendieux, pas à vous!

Que faire? Commencez par vous informer sur le total des frais de vos placements actuels et magasinez. Pour faire un achat judicieux, il vous faut comparer le taux de rendement moyen après avoir déduit tous les frais. Les données sur les RFG des fonds mutuels se trouvent dans la notice du fonds ou sur les sites web comme www.globefund.com et www.morningstar.ca.

De plus, il est important de comparer des fonds similaires. Les ratios des frais de gestion sont habituellement plus élevés pour les fonds spécialisés et moins pour les fonds du marché monétaire. Les fonds d’obligations et les fonds équilibrés se situent dans la moyenne. Il ne faut jamais comparer le coût d’un fonds à un autre si les placements sous-jacents identifient des classes d’actif différentes. Il faut aussi se rappeler que les frais demandés par les revendeurs directs et les régimes de groupes importants sont habituellement moins élevés.

Veuillez noter que mes conseils ne sont pas destinés à remplacer ceux d’un expert en placements qui a procédé à un examen de vos besoins personnels. Si vous souhaitez obtenir plus d’information sur les frais de placements, SFABC offre d’excellents renseignements aux juristes sur son site Web au www.barfinancial.com.